Essai routier cyclotouristique

Du 4 au 6 juin 2020

Notre objectif 2020 est de faire un grand voyage de cyclotourisme au Québec. On s’y est mis lorsque notre plan de partir sur les chemins de Compostelle est tombé à l’eau pour cause de pandémie.

Notre équipement étant prêt, il ne restait qu’à tester le tout “live”. C’est ainsi que nous avons pris la route vers Venise-en-Québec, au départ de la maison. Il y a un petit quelque chose d’enivrant dans le fait de partir de la maison, à vélo, en laissant tout derrière, sans automobile. Une sensation qui ajoute au sentiment de liberté et d’autonomie que procure le vélo. C’est notre première expérience en cyclo full sacoches comme disent les initiés.

Tout sourire, avant notre départ

Un voyage en autonomie complète avec tente et gamelle, implique son lot de planification et d’organisation. À commencer par les sacoches. À deux, on s’en tire bien avec, sur chaque vélo, une paire de sacoches arrières, un coffre sur le porte-bagages et un sac de guidon.

Nos vélos sont des bêtes de somme, capables de supporter une lourde charge et nous permettre d’affronter les côtes, le vent et les routes québécoises.

Pour cet essai routier, notre plan était de mettre à l’épreuve notre équipement, en situation réelle et de faire des distances similaires à celles que notre projetons faire lors de notre grand voyage.

Nous avons donc opté pour un voyage de 3 jours, 2 nuitées de camping, dont une de bivouac, c’est-à-dire dans un lieu improvisé, le long de notre trajet pour y passer la nuit.

Jour 1: De St-Bruno à Venise-en-Québec

Nous prenons la route vers Venise-en-Québec en passant par St-Jean-sur Richelieu au milieu des champs de maïs. Des champs de maïs à perte de vue ! Mais, pourquoi autant de maïs ? C’est bon le pop corn et les épluchettes mais quand même ! En ce printemps tardif, les plants sont minuscules et le vent a le beau jeu dans ces grandes étendues brunes rayées de filaments d’un beau vert tendre. Un vent de travers qui nous a permis de réaliser que des sacoches, ça pogne dans l’vent. Solide. L’expérience rentre petit à petit. Avec 75 kilomètres au compteur, nous arrivons au camping Champlain qui donne sur le lac du même nom. Le camping est ouvert et accepte les tentes, les sanitaires sont accessibles, la section de camping rustique est déserte. Dans l’ordre: bière sale et chips, montage du campement, douche et souper sur la plage.

Jour 2: Visite des environs de Venise-en-Québec

Venise-en-Québec, assez jolie ville, avec sa marina et son marché public, la pointe Jamieson et ses maisons cossues, Province point, où nous tentons sans succès d’aller mettre un pied aux États-Unis. Vous saviez qu’au bout de cette pointe, il y a une borne frontalière avec au sud un bout de terre américaine ? Un bout, tout petit, à peine 50 sur 150 mètres, juste assez grand pour y mettre un monument frontalier. Voilà bien une porte d’entrée au Canada qui n’est pas surveillée.

Notre mission du jour était de localiser un site de bivouac pour y passer la nuit prochaine. Bien sûr, nous aurions pu coucher une deuxième nuit au même camping mais pourquoi faire facile ? Après tout, c’est un rodage et nous voulions expérimenter avec ce mode de camping qu’il faudra peut-être utiliser en ces temps pandémiques. Tiens le parc municipal Jamieson, sur le bord du lac a l’air accueillant et discret (on ne veut pas se faire évincer en plein milieu de la nuit). Le marché public avec son espace couvert et ses tables de pique nique avait l’air attrayant aussi. Une fois fermé, il doit être calme. Une jasette avec un des commerçants du marché nous convainc de chercher ailleurs.

  • « C’est surveillé, ce n’est vraiment pas une bonne idée », nous dit-il.
  • « Vous pourriez aller voir du côté du sentier pédestre juste à la sortie de la ville. Là, vous ne serez pas dérangés », ajoute-t-il.

Nous allons y jeter un coup d’oeil. Ce sera parfait pour ce soir. De retour en ville, on se paie une pizza. C’est bon de socialiser avec les gens de la place. Ils connaissent leur milieu et sont de bon conseil.

Monter sa tente, en pleine forêt, à la brunante, c’est un défi. Les moustiques et autres bestioles piquantes s’en donnent à cœur joie. Aussitôt descendus de notre monture, l’huile à mouches est de mise. Surtout ne pas les laisser entrer dans la tente. Une nuit calme pimentée d’éclairs, de tonnerre et de pluie.

Jour 3: Retour au bercail

Levée du corps aux aurores, un exploit pour mon Amoureuse. Dehors, tout est détrempé mais il ne pleut pas. Le ciel est menaçant, aussi choisissons-nous de démonter le camp et prendre la route. On déjeunera sur la route. Il est 7h 15. Ce fut une bonne décision car, sitôt sur le vélo, c’est l’averse. Des cordes ! Par chance, elle ne durera pas. Arrivés à Lacolle, près du Blockhaus de la Rivière-Lacolle, le temps s’éclaircit et nous en profitons pour déjeuner : Thé vert, yogourt, jus de fruits et bananes.

Notre retour à la maison fut notre plus beau parcours de ces trois jours. De Lacolle, par Saint-Valentin (oui, oui), Saint-Blaise-sur-Richelieu, l’Acadie, Carignan, les petits rangs tranquilles se succèdent, à travers les champs…. de maïs (encore), de belles routes qui nous font (presque) oublier ce vent de travers qui renforce nos jambes. Notre essai routier fut un succès, des ajustements mineurs sont à prévoir, mais en gros, nous sommes prêts pour la grand aventure. Il ne nous restera qu’à nous mesurer aux côtes éprouvantes car, il faut bien le dire, en Montérégie, c’est assez plat.

Vivement la liberté, les grands espaces et l’air du large.

4 réflexions sur “Essai routier cyclotouristique

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