D’Ottawa à Pembroke

Du 1er au 3 septembre 2020

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Jour 6: 1er septembre 2020

Dans la région d’Ottawa – Gatineau, les pistes cyclables sont magnifiques des deux côtés de la rivière. Ainsi, nous prenons la route vers Shawville, la longeant par la piste qui nous mène jusqu’à Aylmer. C’est alors que le trajet prévu nous mène au début d’un sentier, disons rudimentaire, guère plus qu’une trace brune au milieu de la forêt. Ce n’est pas l’habitude de la Route Verte de nous faire passer par de tels segments. Quoiqu’il en soit, on s’y engouffre en espérant que nous en sortirons à l’autre bout. Quelques kilomètres plus loin, nous revoilà sur le réseau routier, soulagés. Jusqu’à Luskville, notre parcours alterne entre route asphaltée et route de terre contournant les lots agricoles. Une belle campagne.

Parc des Rapides-Deschênes, Aylmer
La lumière au bout du tunnel….. de végétation. Les mystères de la Route Verte.

Un arrêt à Quyon nous permet de remplir nos gourdes près du quai de la traverse. Au niveau de Bristol, nous nous engageons sur la piste cyclable Pontiac-Pacific Junction, la PPJ comme on l’appelle ici. Une ancienne voie ferrée convertie en piste cyclable sur gravillons. Nous sommes seuls tout du long. Cette piste est un petit joyau que la Route Verte nous fait découvrir. Elle fait 92 kilomètres de long, de Bristol à Waltham. Pour aujourd’hui, elle nous mènera à Shawville où nous passerons la nuit. 

À Quyon, l’eau est potable, mais il faut la pomper à la main.
Début du Cycloparc PPJ à Bristol

Shawville est anglophone. Très anglophone. On n’a pas pu se faire servir en français. Un déluge de drapeaux canadiens de surcroit. On dirait que plus ça parle anglais, plus il y a d’unifoliés aux porches des maisons. Pourtant, Shawville est au Québec. C’est déroutant quand même.

Le seul hôtel de Shawville est le Hotel Shawville ! Plus un motel qu’un hôtel, il semble sorti directement des années soixante. De l’extérieur, son apparence trahit son âge. Délâbré, jonché de matériaux abandonnés, c’est limite répugnant. À vélo, sans tente, les options sont limitées. Nous décidons quand même de s’y présenter et de chercher la réception (il n’y en a pas). Des clients, ou peut-être sont-ils des employés, vaquent à leurs occupations sur le site. Les clients, pour la plupart sont des travailleurs qui séjournent là pour le travail.

  • « C’est vous qui avez réservé une chambre ? » nous dit une cliente avenante.
  • « Oui, on a appelé hier. »
  • « Je pense que James vous a mis dans la 14 ». C’est en arrière. James, c’est le proprio.  Il est absent.

La « 14 » est correcte, propre et le lit est confortable. Ce soir-là on a mangé du hummus et des crudités achetés à l’épicerie du village.

La chambre 14 de l’Hôtel Shawville

Jour 7: 2 septembre 2020

Bien contents de quitter Shawville et son hôtel miteux. D’ailleurs, comment allons-nous payer la note, le patron n’y est pas. 

  • Allô ! Je parle à James ?
  • Yes, what can I do for you ?
  • Well, we are the clients in the 14, we are about to leave.
  • OK, good, how do you want to pay ?

Un peu plus et je répondais que je ne voulais pas payer. Cette chambre à $75 la nuit ne valait pas le prix. Alors, me plaignant que la télévision ne marchait pas, ni l’internet, même pas de verres dans la salle de bain, le patron a concédé une baisse de $15.

  • Fair enough, I will send you the $60 by electronic transfer later today, bye.

Nous voilà de retour sur la PPJ jusqu’à Fort-Coulonge. Une piste cyclable peu fréquentée il me semble mais quand même garnie de quelques haltes munies de toilettes, bancs et, oh surprise, une station de mécanique vélo bien garnie. 

Cliquez sur la vidéo pour faire l’expérience de la PPJ
Halte routière sur la PPJ
Paysage le long de la PPJ

Arrivés à Fort-Coulonge, regardant le téléphone pour localiser notre hébergement, un cycliste nous aborde et nous offre son aide. Avenant et sympathique, il se met à nous raconter l’histoire de Fort-Coulonge et du Pontiac. Benoît Paré, c’est son nom, a même publié un livre relatant l’histoire de cette région méconnue des québécois (Fort-Coulonge, pour mieux connaître son histoire).

Nous plongeons dans le monde historique de la drave. Fort-Coulonge, jadis le lieu d’un poste de traite de fourrures au temps de Desgroseillers et Radisson, fut un important centre forestier avec une scierie qui débitait les billes de pin blanc que les draveurs y acheminaient sur la rivière Coulonge. L’entreperneur George Bryson y implanta son empire dans les années 1800. Le nom et l’influence de Bryson est partout. Les maisons de pierre du village, les vestiges de la scierie et des installations de drave témoignent de ce passé. 

Nous logeons au Spruceholme Inn, autrefois une des nombreuses maisons construites par la famille Bryson, aujourd’hui la propriété de Jane Toller, une descendante de la famille. L’auberge est magnifiquement décorée de meubles d’époque, de tentures assorties, de porcelaine antique et de photos d’époque. Nous sommes émerveillés d’y passer une nuit. Nous en profitons même pour souper au Bistro du Bûcheron Bryson, attenant à l’auberge. 

Jour 8: 3 septembre 2020

En se rendant aux Chutes Coulonge, on passe devant le pont Marchand. C’est un pont couvert. Le plus long au Québec encore en opération. Bon, en ce moment, il ne l’est pas car on lui donne une cure de jeunesse. Le pont couvert est, pour ainsi dire, découvert. On lui a retiré son enveloppe externe. Il sera de nouveau ouvert à la circulation en 2021. Cela fait deux ans qu’on y travaille. Un morceau de notre patrimoine sera ainsi conservé.

Le pont Marchand qui se refait une beauté
Le pont Marchand, avant la restauration (photo provenant d’Internet)

Le parc des Chutes Coulonge est aménagé pour l’interprétation du métier de la drave. Le site nous permet non seulement de voir les magnifiques chutes Coulonge mais aussi un musée de la drave et une maquette de la rivière Coulonge sur laquelle on marche de camp de bûcheron en camp de bûcheron. La famille Bryson y a opéré la glissoire qui permettait aux draveurs de faire passer les billes par la chute sans les abîmer.

Nous n’avions que peu planifié l’itinéraire de ce voyage. Au début, l’idée était de se rendre à Ottawa puis de revenir en parcourant les deux rives de la rivière des Outaouais. Puis, l’option de poursuivre dans le Pontiac germa. D’accord, rendons-nous jusqu’à Fort-Coulonge et pourquoi pas jusqu’à l’extrémité ouest de la route 148 et de la Route Verte 1. Une fois rendus à Fort-Coulonge, l’idée de revenir sur nos pas parut moins attrayantes.

  • « Pourquoi est-ce que nous ne continuerions nous pas vers L’Isle-aux-Allumettes et ensuite vers Pembroke ? » me lance mon Amoureuse.
  • « Quelle bonne idée ! » m’exclamai-je.
  • « Comme ça on ne reviendrait pas sur nos pas, on pourrait revenir du côté ontarien jusqu’au traversier de Quyon. » renchérit-elle.

Nous voilà donc au bout de la 148 après avoir fait un détour vers Chapeau, une ancienne ville de l’Isle-aux-Allumettes. On ne sait toujours pas pourquoi ce village s’appellait Chapeau.

À Pembroke, sans surprise, on retrouve le patriotisme ontarien envers le Canada. On ne compte plus les drapeaux canadiens hissés aux mâts ou accrochés aux fenêtres. On ne voit toujours pas de drapeau provincial flotter au vent. Il faudra bien y voir plus clair.

5 réflexions sur “D’Ottawa à Pembroke

  1. Sylvain Lacroix

    Beau récit inspirant pour un prochain cyclotourisme. J’ai bien ri de l’hotel… plutôt moyen… heureusement suivi d’un bien plus beau! Au plaisir Robert de se croiser en marchant avec le groupe du QC à Compostelle

    Aimé par 1 personne

    1. Robert de l'Etoile

      Merci Sylvain, nous reprendrons les marches avec l’Association lorsque nous serons de retour à la maison. Le Pontiac vaut vraiment la peine qu’on le visite. Je crois bien que je vais te convaincre d’aller dans le coin dans le dernier récit. À suivre.

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    2. Robert de l'Etoile

      Le Pontiac mérite qu’on le visite. Tu devrais aussi aimer notre retour par l’Ontario. À suivre dans le prochain et dernier récit. Nous avons hâte de reprendre les marches aussi.

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