De Pembroke à Saint-Bruno-de-Montarville

Du 4 au 8 septembre 2020

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Jour 9, le 4 septembre 2020

De la petite ville de Pembroke en Ontario, nous prenons la route vers Arnprior. L’Ontario n’a pas de Route Verte. Il y a certes de nombreux parcours offerts par les différentes associations touristiques locales mais pas de réseau national balisé comme ici au Québec. 

Au sortir de la ville, nous avions repéré une piste cyclable, l’Algonquin Trail, qui fait partie du réseau Ottawa Valley Recreational Trail. Ce sentier, lorsqu’il sera complété, reliera Mattawa à Smith Falls. Le site web décrit en détail la piste et, oh bonheur, le type de surface dans chaque secteur du sentier. De Pembroke à Renfrew, on indique « ballast » comme surface. Ça n’inspire pas confiance. Quoiqu’il en soit, nous nous rendons au point de départ. Le ballast, c’est de la pierre concassée qu’on met sous les rails des chemins de fer. Pas ce qu’il y a de mieux pour le cyclotourisme, disons.

Portion de l’Algonquin Trail sur ballast

Plan B: Google Maps nous suggère plutôt un parcours sur route par les petits rangs qui longent la rivière. Une belle découverte. Un décor bucolique, des chemins presque déserts et une topographie aussi plate que sur la rive nord. Si bien qu’une fois à Renfrew, alors que la surface de l’Algonquin Trail devient de la poussière de roche, nous décidons de rester sur les chemins de travers pour ne l’emprunter qu’aux abords d’Arnprior où nous passons la nuit.

Le mouton noir
À l’entrée d’Arnprior, sur l’Algonquin Trail

Arnprior est jolie, l’architecture est soignée et sa rue commerciale est invitante. En prime, il y a un Dairy Queen. Alors que font deux cyclotouristes après une journée de vélo en plein soleil ? L’hôte du gîte Daniel House, où nous logeons pour la nuit s’appelle Jim Wright. Daniel, c’est le nom de la rue. Jim, qui est octogénaire, est aussi antiquaire et tient boutique en ville. Nous voyant arriver à vélo, il pose la question:

  • Vous faites combien de kilomètres par jour ?
  • Oh, ça varie, mais en moyenne ça tourne autour de 70.
  • Pfffff, moi, quand j’ai fait mon voyage de vélo, je faisais 100 milles !

La conversation tourne vite autour du périple que Jim a fait, seul, alors qu’il avait 16 ans, c’était en 1950, avec son vélo à une vitesse. Une boucle de 4,129 milles, de Saskatoon à Valley Forge en Pennsylvanie. Ce voyage de six mois, effectué il y a 70 ans reste frais à sa mémoire comme si ça s’était passé hier. Il ne tarit pas d’histoires, d’anecdotes et d’aventures. Il nous montre son scrapbook qu’il avait fait à l’époque et qui reste encore aujourd’hui sur sa table de salon. Aucun doute, ce voyage a forgé sa vie et la personne qu’il est devenu aujourd’hui. Si vous passez par Arnprior, arrêtez-vous chez lui ou a sa boutique Antiques Etcetera sur la rue Elgin. En plus d’être un hôte accueillant, il est très intéressant. Mais dépêchez-vous, il veut prendre sa retraite à 94 ans.

La première page du scrapbook de voyage de Jim Wright
Le musée d’Arnprior

Jour 10, le 5 septembre 2020

La campagne ontarienne de la Ottawa Valley est si belle qu’en cours de route, alors que nous nous dirigions vers Fitzroy Harbour pour prendre le traversier vers Quyon pour reprendre notre itinéraire initial, Françoise s’arrête.

  • Tu sais à quoi je pensais en roulant ?
  • Non, mais je sens que tu vas me le dire.
  • Pourquoi est-ce qu’on retourne au Québec à Quyon ? On pourrait continuer en Ontario jusqu’à Ottawa et, de là, traverser à Gatineau. C’est tellement beau par ici.
  • Encore un changement de plan ! Mais tu as raison, rien ne nous oblige à retourner sur notre itinéraire. Tu as de bonnes idées mon Amour, j’aime ça.

Nous n’avons pas été déçus. D’Arnprior à Ottawa, la campagne est de toute beauté et un délice à visiter à vélo sur ses routes tranquilles.

Arrivés à Kanata en banlieue d’Ottawa, nous nous engageons dans le réseau cyclable des Sentiers de la Capitale qui, lui aussi, est superbe. D’ailleurs, alors que nous roulions sur la piste de la Rivière des Outaouais, de nombreux cyclistes s’en donnaient à coeur joie sur le Sir John A. Macdonald Parkway qui longe le sentier. Cette année, les weekends, plusieurs voies de circulation sont fermées toute la journée pour permettre aux cyclistes de pratiquer leur sport favori. 

Au parc des Rapides-Remic, une installation de sculptures pour le moins inusitées nous étonne. L’artiste John Felice Ceprano crée chaque année, depuis 1986, ces sculptures faites de cailloux et de roches empilés en équilibre représentant tantôt des personnes, tantôt des animaux, tout ça à fleur d’eau dans la rivière.

Fait marquant du jour: Une crevaison, notre première cet été après 4,000 kilomètres chacun. On commençait à penser que nos pneus étaient invincibles. 

Jour 11, le 6 septembre 2020

Le réseau cyclable à l’est de Gatineau manque cruellement d’amour, comme si on avait tout donné au secteur ouest, gâté par la Commission de la Capitale Nationale. Nous roulons vers Montebello, notre prochaine étape. Comme un baume sur une plaie, nous quittons la route 148 à Thurso pour traverser le Parc National de Plaisance. Une piste cyclable en gravillons parsemée de trappes de sable qu’il faut éviter. Somme toute, un joli secteur qui propose de bien beaux endroits pour se reposer.

Une pause dans la quiétude du parc National de Plaisance

Montebello, par ce beau dimanche du long weekend de la fête du travail est envahi par les motards. Les restos sont bondés. Nous retrouvons notre charmant petit hôtel à deux chambres, le Motel Shantik. Nous prenons l’autre chambre, histoire de les comparer. Définitivement l’Anse est la plus belle des deux avec son balcon et sa vue sur la rivière.

Cliquez sur la vidéo pour vous retrouver sur la piste cyclable du parc de Plaisance

Jour 12, le 7 septembre 2020

Nous quittons Montebello de la même façon que nous l’avions fait le 29 septembre dernier, c’est-à-dire sous la pluie. Rien pour écrire à sa mère, la pluie fine cessera rapidement. Chemin faisant, nous rejoignons un autre cyclotouriste sur la véloroute d’Argenteuil à la hauteur de Carillon. Jacques rentre d’un petit voyage de quelques jours dans les Laurentides. Nous échangeons quelques instants sur nos voyages respectifs dans la tranquilité de la piste. Nous n’aurons pas croisé beaucoup de cyclotouristes durant notre voyage.

Robert (à gauche) en pleine discussion avec Jacques (à droite) sur la véloroute d’Argenteuil

Le barrage hydroélectrique de Carillon est imposant. Nous y passons quelques moments et en profitons pour visiter le lieu historique du canal-de-Carillon. Bien avant le barrage, un canal y avait été creusé pour des fins militaires et une écluse permettait de franchir les rapides sur la rivière.

Comme nous prendrons le traversier Oka-Hudson pour nous rendre à Vaudreuil où nous logerons ce soir, nous passons à travers Kanesatake. En plus des multiples kiosques de cigarettes qui ont fait la réputation de cette réserve, ce sont ajoutés ceux de cannabis. La route 344 qui traverse la réserve est un centre d’achat hideux jonché de détritus, de carcasses de véhicules et de vieux conteneurs. Pourvu que nous n’ayons pas de crevaisons par ici, l’endroit n’invite pas à l’arrêt. D’ailleurs, en ces temps pandémiques, l’écriteau à l’entrée est clair: Acces to community prohibited subject to fines. 

De l’autre côté de la rivière, à Hudson, nous retrouvons le calme de la route et les résidences cossues. Le Motel Vaudreuil nous attend en bordure de l’autoroute, directement sorti des années soixante. Il ne paie pas de mine mais fera très bien l’affaire. 

Jour 13, le 8 septembre 2020

Notre dernier jour qui nous ramène à la maison. Dernier changement de plan: plutôt que de revenir par Salaberry-de-Valleyfield, nous optons pour revenir par l’île de Montréal. Nous avions tellement aimé ce secteur à l’aller sans pouvoir bien le visiter que nous décidons d’y revenir en prenant notre temps et en multipliant les pauses. Le parcours est bucolique, les maisons sont somptueuses sur le Chemin-du-bord-du-lac. Les yacht clubs se succèdent avec leurs bateaux et voiliers de luxe. Dès l’entrée à Lachine, nous quittons la rue pour circuler sur les pistes cyclables dans les divers parcs qui longent le fleuve, pratiquement jusqu’à Verdun où nous bifurquons vers l’Île-des-Soeurs. Les écluses du canal de Lachine, le parc René-Lévesque, autant de raisons de s’arrêter et de profiter du lieu. Près de vingt kilomètres de bonheur. 

Pour finir, comme il se doit, une bonne bière sale et des chips à la maison.

Le phare de Lachine
Somptueuse résidence au bord du fleuve

Épilogue

Notre deuxième voyage de cyclotourisme se termine. Celui-ci se faisait exclusivement en hébergement alors que le premier, en Gaspésie, alternait entre camping et gîte. Quel mode de voyage nous avons préféré, nous demanderez-vous ? Bien que la facilité des hébergements en gîte soit tentante, nous aurons, pour le prochain long voyage, notre équipement de camping. Cela nous rapproche de la nature qu’on aime tant et nous éloigne du brouhaha de la civilisation. 

En conclusion, si vous en avez la chance, allez découvrir le Pontiac, une belle région qui gagne à être connue. Mais attention ! N’y allez pas tous en même temps !

Ah, oui, Françoise prenait la pause dans le parc Marie-Claire-Kirkland-Casgrain à Montréal, à l’embouchure du canal de l’aqueduc. Comme quoi, pour les Montréalais, il n’est pas nécessaire d’aller si loin pour se retrouver en pleine nature.

Repères:

Parcours:

  • 13 jours de voyage, 12 à vélo, 1 de repos.
  • 950 km, 79 km par jour en moyenne, plus petite journée: 42 km, plus grosse: 113 km.
  • 4,219 m d’ascension totale, plus petite journée: 99 m, plus grosse: 792 m.

Régions visitées:

  • Montérégie
  • Montréal
  • Outaouais incluant le Pontiac
  • Haliburton Highlands (Ontario)
  • Ottawa Valley (Ontario)
  • Ottawa et sa campagne (Ontario

Hébergement:

12 nuitées en auberge/gîte/hôtel

Température:

  • 9 jours de vélo au sec avec des températures variant de 13 à 27 degrés
  • 3 jours de vélo avec pluie nécessitant l’imperméable au moins une partie de la journée.

Avaries:

  • 1 crevaison

2 réflexions sur “De Pembroke à Saint-Bruno-de-Montarville

  1. Fort intéressant reportage! Pour nous qui arriverons par le Parc Algonquin, à l’ouest de Pembroke, quelles rives de la rivière Outaouais nous conseillez-vous? Coté Québec le long de la piste cyclable et de la route 148, ou coté Ontario par la campagne meant à Ottawa?
    Parc de Plaisance: Et-il possible d’entrer par l’ouest de l’ile et de sortir coté est, ou est-ce un trajet aller-retour?
    Auriez-vous une alternative entre Gatineau et Montebello? pas vraiment moyen d’éviter la route 148?
    Après Montebello, notre plan serait de monter vers les Laurentides par Ripon, Lac Simon, Brébeuf, Morin Heights etc
    En tout cas merci pour tous ce hints, notamment les bonnes auberges! Nos nuits de camping à Oc commencent à nous peser …
    Au plaisir,
    Normand Pion et Hélène Giguère
    Ste-Anne des Lacs, Qc  
    rikimiki@me.com
    http://www.crazyguyonabike.com/doc/NPionQuebecNord2020
    http://tandemetcie.com
     https://www.facebook.com/groups/Normand.et.Helene.en.tandem/

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