La Provence à vélo

Voyage de vélo en Provence avec Vélo Québec Voyages.

Du 17 septembre au 2 octobre 2022. 

Une aventure de Françoise Michaud et Robert de l’Etoile.

Nous nous sommes gâtés en cette fin d’été 2022 après l’avoir passé à randonner dans la forêt gaspésienne. Un petit voyage de vélo, formule « tout compris » (ou presque), deux semaines en Provence, d’Arles à Cassis, en passant par Nîmes, Avignon, le Mont Ventoux et Aix-en-Provence. Un voyage de luxe, en hôtel, bagages dans le camion, en compagnie de 18 autres amoureux de la petite reine.

Atterris à Marseille, nous nous sommes rendus à Arles, le point de départ de notre voyage à vélo. Cette ville se démarque par son arène impressionnante et ses autres monuments qui datent de l’Antiquité dont plusieurs inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNSECO.

L’arène d’Arles, un amphithéâtre romain, date de plus de 2,000 ans.

La boucle autour de la ville nous a menés au joli village de Baux-de-Provence. Un hameau juché en hauteur et fortifié pour protéger son château. Le village est entièrement piétonnier et les boutiques souvenirs ne manquent pas.

Le mistral, ce vent du midi de la France, souffle intensément. Souvent de courte durée, il nous ralentira durant les trois premiers jours du voyage. La pluie, elle, s’est faite discrète avec seulement quelques heures en début de parcours. Le mercure, quant à lui, a oscillé autour de 10 degrés le matin et dépassant rarement les 22 degrés en après-midi. Nous aurions aimé quelques degrés de plus.

Nous quittons brièvement la Provence pour visiter Nîmes, juste à l’ouest dans le Gard, pour ensuite y revenir au niveau d’Avignon. Le pont du Gard impose respect tant par son âge (1er siècle) que par sa structure (3 niveaux incluant un aqueduc romain). Piétons et cyclistes ont le privilège de pouvoir le traverser. Le pont d’Avignon aussi se démarque. On peut certes le visiter mais sans le traverser. Les crues du Rhône ont emporté la majorité du pont il y a bien longtemps. Des 22 arches originales il n’en reste plus que 4. Apparemment, on y danserait encore.

Le pont du Gard.
Le pont d’Avignon, ou plutôt Saint-Bénézet de son vrai nom.

Avignon, c’est la cité des papes avec son palais qui trône au dessus de la ville. Ils y ont siégé au 14e siècle. La ville est fortifiée et ses murs sont bien conservés. Comme bien des villes françaises, son centre historique est presqu’exclusivement piétonnier, un plaisir de s’y promener en arpentant ses rues. D’ailleurs, nous avons pris un jour de congé de vélo pour la visiter. Parmi plusieurs circuits piétonniers offerts, c’est celui des vieilles rues qui nous attire. On en fait le tour en quelques heures en passant bien sûr par le Palais des papes et le pont d’Avignon.

Côté vélo, cette première semaine n’émerveille pas. Le paysage est joli sans plus. Ce sont plutôt les jolies petites villes qui sont agréables à visiter dont St-Gilles, Orange, Châteauneuf-du-Pape, Tavel et St-Laurent-des-Arbres et son charmant petit marché public. Il fait bon s’y arrêter en matinée pour prendre un café.

Le moment fort de cette première semaine fut sans nul doute la visite du vignoble Château de la Gardine de la famille Brunel. Une chance inouïe qu’a eu notre guide de dénicher cet endroit parmi les rares ouverts pendant les vendanges. Les Brunel sont des amoureux du Québec et nous ont littéralement déroulé le tapis rouge. Une visite approfondie des caves avec M. Brunel en personne, une dégustation de 5 de leurs meilleurs crus dont un, une production personnelle, tendrement appelée « Nulle part ailleurs », dans les appartements privés de la famille. Nous y serons restés au moins 2 heures. Ne vous inquiétez pas, nous avons recraché la majorité des vins dégustés. Il faut dire que les Châteauneuf-du-Pape titrent à plus de 14 % d’alcool !

L’ombre du Mont Ventoux commence à se faire sentir. On le sent, et on le voit au loin. Parmi le joyeux groupe de cyclistes, les discussions s’intensifient à son approche. Qui va tenter son ascension ? La météo sera-t-elle favorable ? À partir de Vaison-la-Romaine, nous l’approcherons par Malaucène. Notre petit groupe de téméraires se met en branle et pendant les 10 kilomètres qui nous séparent du début de l’ascension, le silence règne dans le peloton. Chacun entre dans sa bulle et se prépare mentalement en vue de l’effort à fournir. Le rythme est lent, pas question de brûler des cartouches avant de monter. Dernières consignes à Malaucène: on monte chacun à son rythme, on se donne rendez-vous ici au café Le Blueberry s’il fait trop froid au sommet pour s’attendre.

Le Mont Ventoux se profile au loin avec son sommet dénudé.

Le Ventoux, qui culmine à une altitude de 1,910 mètres, à partir de Malaucène, c’est 21 kilomètres de montée avec 1,560 mètres d’ascension. Une montée qui dure entre 2h 30 et 3h pour des cyclistes de notre niveau. C’est costaud et c’est sans répit. Nous sommes bénis des dieux. Le mistral s’est calmé, il n’y a pas de vent au sommet, il fait un doux 10 degrés. Les sourires de fierté et de soulagement s’expriment. On se félicite allègrement. Le groupe se reforme avant d’entreprendre la descente par Bédoin. On enfile des vêtements chauds car la descente sera longue et froide. Pendant que les jambes se reposent, les mains en arrachent avec le froid et la pression sur les freins. On ne peut se permettre de laisser aller les freins bien longtemps. Les virages en épingle sont serrés et les voitures de sport s’en donnent à coeur joie non sans nous donner des frissons dans le dos. Un haut fait d’armes d’avoir vaincu ce Mont Ventoux. Ça commence bien la deuxième semaine du voyage. Elle sera résolument cycliste. 

Au sommet du Mont Ventoux, fiers de notre exploit.

Si le Ventoux nous en a mis plein les jambes, les gorges de la Nesque nous en ont mis plein les yeux le lendemain. Une route quasi déserte longe les gorges formées par la rivière du même nom. Le serpent de bitume accroché à la falaise a de quoi donner le vertige. En montée, le précipice à droite, la falaise verticale à gauche. Quelques tunnels creusés à même la paroi, donnent du charme au paysage. Un spectacle saisissant d’une quarantaine de kilomètres (pour l’aller-retour) à partir de Villes-sur-Auzon située au sud de Bédoin.

Les charmants villages se succèdent: Blauvac et sa fontaine, Gordes et son marché public, Roussillon et ses falaises d’ocre, Lourmarin et son château. À Cucuron, attablés sur la terrasse d’un café, adossés au bassin de L’Étang, nous faisions connaissance avec la tenancière qui ne voyait pas d’un très bon oeil l’arrivée impromptue d’un groupe de joyeux lurons en lycra briser sa tranquille routine du matin. À Rognes, il faisait bon casser la croûte en face de la boulangerie.

Pause casse-croûte à Rognes (de gauche à droite: Catherine, Françoise et Jacques).

Aix-en-Provence est une ville grouillante d’activités, touristique à souhait et surtout universitaire. Une ville « jeune » où s’entremêlent les scooters, trottinettes électriques et piétons dans une sorte de chaos organisé. Les terrasses vibrent en soirée, toutes aussi enfumées les unes que les autres. Car les français fument beaucoup, ce qui indispose royalement les québécois que nous sommes, habitués aux aires publiques sans fumée. 

Profitant d’un jour supplémentaire à Aix-en-Provence, Françoise en a profité pour visiter la ville alors que j’allais faire une boucle en matinée, avec l’ami Jacques, autour de la montagne Sainte-Victoire, un symbole fort de la Provence qui a inspiré tant d’oeuvres du peintre Paul Cézanne. Qui dit montagne dit montées certes, mais aussi descentes grisantes comme ce fut le cas près de Pourrières où nous nous sommes arrêtés dans un fou rire incroyable, médusés par celle d’une quinzaine de kilomètres que nous venions de terminer.

La montagne de Sainte-Victoire.

Françoise et moi avons profité de l’après-midi pour arpenter les rues de la villes et acheter quelques calissons et navettes typiques de la région.

Le dernier point fort cycliste du voyage fut sans contredit le passage du col de l’Espigoulier entre Auriol et Gémenos qui a vu passer les coureurs du Tour de France à quelques reprises. La descente vers Gémenos avec ses multiples lacets a fait la joie des amateurs de descentes endiablées. 

La descente du col de l’Espigoulier, direction Gémenos.

Cassis, le terminus de notre voyage est en bordure de mer. Profitant d’une journée sans vélo la veille du départ, nous en avons profité pour visiter une partie des calanques, ces échancrures dans la côte aux falaises de calcaire qui abritent les embarcations de plaisance. Au fait, on prononce Cassi, pas cassis comme le fruit. Cassis, sans le S final. Comme Paris, nous a-t-on fait remarquer amicalement.

Repères:

Trajet cycliste:

  • 11 jours de vélo (sur une possibilité de 12) du 19 septembre au 1er octobre 2022
  • 783 km, de 57 à 108 km par jour, moyenne journalière de 65 km
  • 11,100 m d’ascension, de 357 m à 1,959 m par jour, moyenne journalière de 1,008 m
  • Villes étapes:
    • Arles (2 nuits)
    • Nîmes
    • Avignon (2 nuits)
    • Orange
    • Vaison-la-Romaine (2 nuits)
    • Isle-sur-la-Sorgue
    • Lourmarin
    • Aix-en-Provence (2 nuits)
    • Cassis (2 nuits)

Pour la petite histoire, nos vélos ont fait l’aller-retour sur les ailes d’Air Transat sans encombre.

Cliquez sur l’image pour accéder à la carte interactive du parcours détaillé.

18 réflexions sur “La Provence à vélo

  1. Richard

    Merci Robert et Françoise pour votre bien écrit histoire de nos tres agréable voyage en Provence. Votre representation de « chacun dans sa bulle » sur Mont Ventoux était particulièrement approprié, mais aussi le fierté senti de chaque membre de notre gang ayant l’a grimpé réussit. C’etait un grand plaisir de rouler avec vous!

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  2. Johanne Boies

    La lecture de ton récit me ramène tellement de belles images d’un voyage en Provence il y a 10 ans. Plusieurs de ces petits villages on a visité et pu apprécier la beauté des lieux et des paysages. Le faire en vélo mérite une bonne main d’applaudissements car c’est toujours en pente, sur le sommet d’une colline que sont situés les villages. Le pont du Gard, Avignon, Cassis ( merci pour la prononciation 😉), la montagne de la Victoire, Aix-en-Provence…..des endroits magnifiques. Un gros merci Robert et Françoise de partager vos belles expériences de voyage. Et coïncidence, je bois un cassis apéritivo au moment de lire votre voyage.. À votre santé 🥂

    Aimé par 2 personnes

    1. Robert de l'Etoile

      Merci de tes bons mots Johanne. Nous avons bien aimé ce voyage et visiter la Provence à la lenteur du vélo nous la fait voir sous un tout autre angle. Alors, bon cassis apértivo (avec un S) 😉

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  3. André Jourdain

    Merci pour ce beau partage. Ces villes que vous avez sillonner à vélo ont tous un cachet particulier, vous venez de me faire revivre un voyage de 2006 que nous avons fait avec nos enfants! Et pour Cassis qui se prononce sans le s restera une belle occasion de se souvenir de cette ville!

    Aimé par 2 personnes

  4. France O’Connor

    Merci pour ce partage de ce récit de voyage! Vous avez l’art de bien décrire les particularités et le cachet de chaque ville et village!
    Que de bons souvenirs! Ce fut agréable de vivre cette expérience avec vous!

    Aimé par 1 personne

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