De St-Bruno-de-Montarville à Ottawa

Du 27 au 31 août 2020

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Jour 1, le 27 août:

Ça aura pris exactement un mois avant que l’envie de repartir à vélo nous prenne. Cette fois, c’est vers l’ouest que nous nous dirigeons. Même si nous revenons d’un voyage de cyclotourisme de 42 jours vers l’est québécois, ce ne sera que notre deuxième expérience dans ce type d’expédition, alors nous expérimentons. Cette fois-ci, pas de camping. Nous arpenterons l’Outaouais et le Pontiac en logeant en gîte, hôtel et autres édifices à quatre murs. Nous pourrons donc comparer les deux modes de vie et voir ce qui nous plaît le plus. Le luxe ou le rustique. 

Au départ de la maison à St-Bruno, je suis fébrile quant à l’idée de traverser le fleuve St-Laurent par le nouveau pont Samuel-de-Champlain.

  • « T’es content hein, on va prendre le pont », me dit tendrement mon Amoureuse.
  • « Oh oui, il paraît qu’il est majestueux. Il y a même des haltes routières aménagées.

Les abords du pont sont encore embourbés de chantiers de construction mais la piste cyclable est bien identifiée. Une fois sur le pont, on prend la mesure de son gigantisme en le comparant à son petit frère, tout à côté, aux soins palliatifs. Des haltes aménagées en retrait de la piste cyclable permettent de s’arrêter et d’admirer la ville. Quelle bonne idée !

Le repérage d’hébergement semble compliqué en cette première journée où nous longeons le fleuve, le lac St-Louis et le lac des Deux-Montagnes. Nous décidons de rouler jusqu’à Rigaud. Une longue journée de 113 kilomètres. Il faut dire qu’à part la côte du pont, le parcours est plat et nous voyageons légers. Je porte nos deux sacoches de linge, un peu moins de 20 livres alors que Françoise porte l’équipement mécanique et les vivres de course. Voilà bien un avantage au voyage de luxe !

Au sortir de l’Île-des-Soeurs, nous voilà dans un Montréal bucolique et campagnard aux résidences cossues. Le littoral du fleuve est magnifiquement aménagé en un long parc qui s’étend sur des dizaines de kilomètres. La piste cyclable est tout aussi magnifique. Verdun, Lasalle, Lachine, Dorval, Beaconsfield, Baie-d’Urfée et Ste-Anne-de-Bellevue. Le Montréal riche et anglophone. 

La traversée de Vaudreuil est un choc. Après le faste du West Island, nous retrouvons la banlieue et sa laideur digne d’un boulevard Taschereau de Longueuil ou d’un boulevard Des Laurentides de Pont-Viau. Par chance ça ne dure pas longtemps et nous retrouvons les charmes du bord de l’eau et des villages bucoliques comme Hudson. 

L’arrivée dans Rigaud se fait dans les règles de l’art. Arrêt à l’épicerie pour s’approvisionner en bière sale et en chips, arrêt au Dairy Queen pour un Blizzard bien mérité. À l’hôtel, c’est un « Hello, may I help you » qui nous accueille. Hum ! Sommes-nous déjà en Ontario ?

Jour 2, le 28 août:

Notre plan de match est de traverser le parc provincial Voyageur, tout juste à l’ouest de la frontière ontarienne, à l’ombre du barrage de Carillon. Arrivés à Pointe-Fortune, notre parcours se poursuit à travers le parc, du moins sur papier. Mais surprise ! Le chemin est barré par une imposante barrière flanquée de grosses roches qu’il est impossible de contourner. C’était sans compter l’aide improbable d’un citoyen qui vient se prélasser ici chaque matin en prenant son café.

  • Ça a l’air qu’on ne peut pas passer, lui dis-je en m’approchant. 
  • Vous pouvez passer par ici, il y a un petit sentier qui fait le tour. Faudra marcher un peu mais c’est pas long.

Notre bon samaritain venait tout juste de sortir sa chaise, accrocher son drapeau canadien (oui, oui, son drapeau) et s’apprêtait à siroter son café lorsque nous nous sommes approchés.

  • « Je viens ici à tous les matins boire mon café. C’est tranquille et la vue est belle » qu’il nous dit.

On pénètre alors dans le parc, en espérant ne pas se faire interpeler par des gardiens. Il est joli ce parc qui offre des terrains de camping, des plages et un réseau de sentier de randonnée pédestre. Cette traversée furtive nous aura fait éviter un détour important. Nous voilà en territoire ontarien à Chute-à-Blondeau. Ça se remarque, vous savez, qu’on est en Ontario. Pas que le nom des villages soit anglophone, pas que les gens parlent la langue de Shakespeare, ce sont les drapeaux canadiens. Il y en a beaucoup, accrochés aux portillons, hissés aux mâts. Les Ontariens sont patriotiques !

L’hébergement entre quatre murs a ses défis, notre découpage d’étapes ne coïncide pas toujours avec des lieux où les hôtels et les gîtes se trouvent facilement. Comme nous pénétrons en Ontario et que L’Orignal ne fourmille pas d’hébergement, nous ferons un saut de puce au Québec et passerons notre deuxième nuit à Montebello. 

Le traversier de Lefaivre nous mène à Montebello où nous passerons la nuit en sol québécois. Un voyage de luxe en hôtel certes, mais n’allez pas croire que nous séjournerons au Château Montebello. Le Motel Shantik fera très bien l’affaire. Nous occuperons une des deux chambres disponibles. Le Shantik arbore même sur son porche une magnifique sculpture de cheval fabriquée en pièces de vélo. 

Jour 3, le 29 août:

Un succulent petit-déjeuner au Café Entre Amis de Montebello nous donne la force et le courage d’affronter cette journée pluvieuse et fraîche. Par chance, au moment de prendre la route la pluie diminue et nous roulons jusqu’à Thurso pour prendre le traversier vers Rockland, Ontario. Nous retrouvons les drapeaux canadiens et la campagne paisible du comté. Durant la pause lunch à Cumberland, la pluie s’intensifie. Y a pas à dire, on a le sens du timing. L’entrée sur Ottawa se fera par la piste cyclable qui longe la rivière des Outaouais, presque jusqu’au centre-ville. Le réseau cyclable de la Capitale Nationale est impressionnant par sa localisation et la qualité de ses pistes. La pluie aura cessé et nous serons secs à notre arrivée à l’hôtel.

Nous logeons ce soir au Ottawa Jail Hostel où nous avions réservé une cellule, la 602. On ne vous avait pas dit que nous faisions un voyage de luxe?

Jour 4, le 30 août:

Les fantômes de la prison ne nous ont pas importunés durant la nuit. Les portes aux typiques barreaux laissent passer les bruits ambiants, mais par chance, les scélérats ne déambulaient pas sur le plancher de bois du couloir cette nuit-là. L’édredon rayé de noir et de blanc sur le lit ajoutait à l’atmosphère lugubre du lieu. Dormir en prison, dans une véritable cellule de prisonnier, est une expérience à vivre. 

En ce dimanche ensoleillé, l’occasion était belle d’aller rouler dans le parc de la Gatineau. En effet, les routes du parc sont réservées aux cyclistes et autres sportifs les dimanches matin. Quel bonheur de monter vers le belvédère Champlain dans le calme de la nature sans voitures ! Les cyclosportifs s’en donnent à coeur joie. La route est encombrée de cyclistes et les plus téméraires dévalent les côtes à tombeau ouvert. 

Toutes asphaltées et en pleine forêt, les pistes cyclables qui serpentent dans le parc sont un véritable labyrinthe. Mieux vaut savoir où on va. La région d’Ottawa / Gatineau est un véritable trésor pour les cyclistes.

Jour 5, le 31 août:

Aujourdhui, jour de repos. On en profite pour faire une visite guidée de la prison. Les histoires que nous raconte notre guide donne froid dans le dos. La prison a cessé ses activités en 1972 et elle fut convertie en auberge de jeunesse l’année suivante. Au total, trois prisonniers furent exécutés par pendaison en ces lieux. Chanceux que nous sommes, ce sont nos vélos qui ont séjourné dans une cellule d’isolement (communément appelée le trou). 

La prison se trouve à deux pas du célèbre Marché By. Nous en profitons donc pour visiter les alentours avant de passer de l’autre côté de la rivière à Gatineau où nous passerons la nuit avant de continuer notre voyage vers le Pontiac. Le long des écluses du canal Rideau, voilà que nous tombons sur Sylvie et Pierre, des cyclistes que j’avais rencontrés lors de voyages antérieurs en Europe. Une belle retrouvaille, nous échangeons de bons souvenirs. Le monde des cyclo-voyageurs est petit.

Demain, nous mettrons le cap sur Shawville, dans la région du Pontiac que nous découvrirons pour la première fois.

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